« Nirvan’art », spectacle vivant

nirvan-art-au-ikmMardi 08 mars 2016 à 14h, devant l’IKM Antsahavola, un attroupement de gens au look très différent. Une petite pancarte A4 attachée à un poteau électrique …

Le hall et les escaliers habituellement vides et froids sont, cette fois-ci habillés par des planches de dessins représentant des héroïnes. A l’angle, deux tableaux. L’un déstabilisant et l’autre mélancolique.

En haut de l’escalier, on doit se faufiler à travers la foule de gens pour arriver devant la billetterie. « Nous avons déjà réservé ». Les trois jeunes chargés de la billetterie recherchent nos noms dans la longue liste de réservation.

Voilà qui pourrait très bien servir de trailer à cet événement organisé par la « voots kongregation ». Multidisciplinaire, mettant en avant les femmes, des jeunes à l’organisation, peu de communication et pourtant une affluence étonnante.

La salle était pleine et les chaises prévues par les organisateurs n’ont pas suffi.

Je dois dire que, une fois bien assis dans la salle, je n’avais encore aucune idée de ce qui allait se passer. Exposition ? Concert ? Débat ? … L’effet de surprise a été maintenue jusqu’au bout par les organisateurs et les participants.

photo 01

L’heure arrive. Joey Aresoa, la slameuse, présente en rimes le spectacle. Ses premiers mots peinent tout de même à trouver l’écho dans le public qui ne sait toujours pas à quoi s’attendre. Encore plus bizarre à l’entrée de Bambs qui, fidèle à son tempérament de rappeuse, met le feu à la scène … ou du moins essaye. La salle ne décolle pas encore même si la rappeuse se donne à fond, accompagné par Mahalia, Tasha et Julie Ratefy. L’ensemble fonctionne très bien … mais ces premières minutes paraissent encore comme … « flopflop ». L’écart entre l’énergie de la scène et du public est encore trop grand dans cette introduction.

Après que le ballet gênant des photographes venant du public se soit calmé, après qu’on ait compris la disposition de la scène, après qu’on se soit habitué aux flots de mots de Joey … on arrive enfin à rentrer dans le spectacle.

Et quel spectacle !!!

Les filles tiennent là un excellent concept. La scène leur appartient. On les regarde comme si on était invités, chez elles, dans leur maison. La musique au milieu, côté jardin un coin nail art/bodypainting, côté cour l’atelier de Clipse Teean et de Fanny,  les photographes de « She » un peu partout, discrètes tout en faisant partie du spectacle.

photo 03

On voit que les filles sont à l’aise et imposent leur présence.

Le quatrième mur est définitivement brisé quand Julie Iarisoa entre en scène, se déhanchant et virevoltant entre les spectateurs et les éléments de décors de la pièce qui n’auraient trouvés de meilleures utilités.

Si la voix de Imiangaly, Le flow de Bambs et  le talent de Julie Ratefy ne sont plus vraiment étrangers au public (moi en tout cas), on découvre les autres avec étonnement (moi en tout cas lol).

L’odeur des bombes utilisées par Clipse Teean est excusée par son talent. A la basse, Tasha assure sans fausse note. La Guitare de Mahalia se marie aussi bien avec la voix jazz de Imiangaly que le flow de dingue de Bambs. Julie Iarisoa envoûte par ses pas de danse. Sleeping pop assure et assume à la fois le body/face painting et les dessins. Tsiky Moon étonne par la variété de ses nail arts. Les œuvres de Lantoniaina Fanny ne sont pas justes là pour servir de décor transparent. La vidéo de Nanouh et Krees sur les fragments du corps de la femme accompagne parfaitement  la musique. Le placement des photographes de SHE est efficace sans gêner le public. Et qui n’a pas applaudit la présence et la force des mots de Joey Aresoa.

Cette « utérocratie » qu’on contemple pendant plus d’une heure se termine sur une finale regroupant toutes les participantes. Dansant et chantant sur « Girl just want to have fun ». Et c’est, pour moi, le meilleur moment du spectacle. On ressent le stresse qui s’évanouit. On ressent la fierté sur les sourires. Mais surtout on ressent cette cohésion qui a rendu tout cela possible.

Applause, fin du spectacle, on se lève et on passe dans l’autre pièce. Celle que nous n’avons pas visité au début de peur de ne plus avoir de place. C’est là que sont exposés les tableaux des « SHE », et les œuvres de Fanny Lantoniaina, avec ce style touchant et osé en même temps. La petite salle devient alors une galerie d’art où on se croise, se félicite, avant de redescendre vers la sortie en se disant « Ces filles voulaient juste s’éclater … elles l’ont vraiment fait ».

Un dernier trésor qu’elles nous offrent : une captions vidéo en vue de la sortie en DVD du spectacle.

photo 02

« Nirvan’art » possède quelques flottements au début, la régie vidéo s’emmêle les doigts dans l’affichage de l’écran, quelques soucis de micros, une chorégraphie finale brouillonne … mais ce jour-là nous n’avons pas cherché quelque chose de parfait … plutôt quelque chose de vivant et c’était exactement ce qui a été présenté.

Merci les filles, ce jour-là il y a eu deux orages à Tana, mais l’autre on ne l’a pas aimé !!!


photos: spectateurs

Teaser « Nirvan’art »  (dernier teaser mais pas mis à jour par rapport au spectacle)

Teaser « She »

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